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Prévoyance médecins libéraux : comment combler les carences de la CARMF en 2026 ?

  • Photo du rédacteur: Vianney Grégoire
    Vianney Grégoire
  • il y a 2 jours
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Prévoyance médecins libéraux : comment combler les carences de la CARMF en 2026 ?

En 2026, le plafond journalier de la CARMF s'élève à 197,51 €/jour (soit un manque à gagner de plus de 4 000 €/mois pour un médecin dont les revenus dépassent 10 000 €/mois).



Prévoyance médecins libéraux : ce que la CARMF couvre et ce qu'elle ne couvre pas


La CARMF est votre caisse de retraite obligatoire en tant que médecin libéral. Elle gère également un régime de prévoyance, mais il faut comprendre précisément ce que cela recouvre. Ce régime existe, il couvre certains risques, mais présente des lacunes structurelles que la majorité des médecins libéraux découvrent au mauvais moment.


La CARMF couvre trois risques : l'incapacité temporaire totale de travail, l'invalidité permanente totale, et le décès. Elle ne couvre pas l'invalidité partielle. Ce n'est pas un oubli, c'est une exclusion explicite inscrite dans ses statuts.


À retenir dès maintenant : si vous êtes dans l'impossibilité d'exercer votre spécialité mais que vous pouvez encore exercer une autre activité médicale, la CARMF ne vous versera probablement rien. L'invalidité partielle n'est pas couverte. Un chirurgien qui perd l'usage de ses mains peut encore consulter (pour la CARMF, cela n'ouvre pas droit au versement de la rente invalidité).

Le deuxième point critique est la franchise de 90 jours. Pendant trois mois après le début de votre arrêt de travail, la CARMF ne verse rien. C'est la CPAM qui intervient partiellement, de façon plafonnée.


Les indemnités de la CARMF étant insuffisantes ou restrictives en cas, d'incapacité, d'invalidité ou de décès, nous avons conçu ce dossier complet autour d'un sujet central : Prévoyance médecins libéraux : comment combler les carences de la CARMF en 2026 ? 

Découvrez tout au long de cette page les critères indispensables pour bien choisir votre couverture...




L'indemnisation de la CARMF en détail


La CARMF applique une franchise de 90 jours avant de verser la moindre indemnité. Pendant ces trois mois, vous êtes partiellement couvert par la CPAM. Voici ce qui se passe réellement, jour après jour, pour un médecin en arrêt âgé de moins de 62 ans.



Combien verse la CARMF par jour en 2026 ?




J1 à J3 : Le délai de carence


Les trois premiers jours sont à votre charge. Ni la CPAM, ni la CARMF n'interviennent. C'est le délai de carence légal applicable aux travailleurs non salariés.


J4 à J90 : Intervention partielle de la CPAM


À partir du 4ème jour, la CPAM verse des indemnités journalières calculées sur 1/730ème de votre revenu annuel moyen des 3 dernières années, dans la limite de 197,51 €/jour en 2026.


Un médecin avec 150 000 € de revenus annuels moyens percevra théoriquement 150 000 ÷ 730 = 205 € par jour. Mais le plafond CPAM étant à 197,51 €/jour, il touchera ce montant maximum : soit environ 5 925 €/mois. La perte immédiate dépasse 6 500 €/mois dès le premier jour d'arrêt.

À partir du J91 : Intervention de la CARMF


C'est seulement à partir du 91ème jour que la CARMF verse ses propres indemnités, dont le montant dépend de votre classe de cotisation et de votre âge au moment de l'arrêt. Ces deux variables sont déterminantes, et souvent mal connues des médecins eux-mêmes



Pour un médecin de moins de 62 ans en Classe C, le montant maximal est de 197,51 €/jour, soit environ 5 925 €/mois. Un médecin avec 120 000 € de revenus annuels (10 000 €/mois) voit sa couverture s'arrêter à 59% de son revenu habituel.


La CARMF couvre-t-elle l'invalidité ?


C'est le point que les médecins libéraux connaissent le moins et celui qui peut avoir les conséquences financières les plus graves. La CARMF ne couvre que l'invalidité totale et définitive (100%), sans possibilité d'exercice. L'invalidité partielle n'est pas couverte.



Un médecin en Classe C avec 150 000 € de revenus (12 500 €/mois) toucherait 2 629 €/mois en invalidité totale. Soit 21% de son revenu habituel. La pension est versée jusqu'au 62ème anniversaire du médecin, puis bascule sur la retraite.


Les majorations possibles


  • + 35% si le médecin est marié depuis au moins 2 ans et si les ressources du conjoint ne dépassent pas 30 888 €/an (2025)

  • + 35% si l'assuré a besoin d'une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie

  • + 10% si le médecin a eu au moins 3 enfants


Le cas de l'invalidité partielle : le scénario le plus fréquent


Prenons le cas d'un chirurgien qui perd l'usage partiel de ses mains, d'un médecin qui développe une maladie chronique l'empêchant d'exercer à temps plein ou bien d'un praticien contraint de réduire son activité de 50% suite à un accident. Dans ces trois cas de figure, la CARMF ne versera aucune indemnité.


Seule l'invalidité totale et définitive est prise en charge. Si vous pouvez encore exercer une quelconque activité médicale, même dans une autre spécialité, même à temps réduit, vous n'êtes pas considéré en invalidité au sens de la CARMF. C'est pourquoi la prévoyance complémentaire doit couvrir l'invalidité professionnelle, définie selon votre spécialité propre.


Pour une protection optimale, nous recommandons aux médecins libéraux de souscrire une garantie invalidité partielle activable dès 15 %, voire 10 % d'invalidité partielle selon les organismes assureurs.

Que verse la CARMF au décès d'un médecin libéral ?


La couverture décès de la CARMF comprend trois prestations, versées sous conditions précises. Ce sont des montants forfaitaires, c'est-à-dire qu'ils ne tiennent pas compte du niveau de vie du médecin.



Le capital décès de 71 500 € peut sembler conséquent en valeur absolue. Rapporté à un ou deux ans de revenus d'un médecin libéral, et sans tenir compte d'un emprunt immobilier en cours, d'une clientèle à valoriser, ou du maintien du niveau de vie du foyer sur 10 ou 20 ans, c'est un point de départ, pas une protection complète.


La rente de conjoint, calculée sur une moyenne nationale, s'établit entre 713 et 1 426 €/mois. Pour un foyer habitué à un revenu mensuel de 8 000 à 12 000 €, la réduction de niveau de vie est immédiate et massive.



Quelles sont les carences de la CARMF en 2026 ?


Si l'on dresse le tableau complet des lacunes, voici ce qu'un médecin libéral doit impérativement anticiper avec une prévoyance complémentaire adaptée à sa situation.


Les 90 premiers jours d'arrêt : la CPAM plafonne à 197,51 €/jour en 2026. Pour un médecin avec 10 000 €/mois de revenus, c'est une perte immédiate de plus de 4 000 €/mois dès le premier mois complet d'arrêt.


Après les 90 premiers jours d'arrêt : la CARMF intervient en fonction de votre âge et de votre classe de cotisations (A, B ou C). En classe A, votre revenu sera plafonné à 65,84 €/jour. En classe B, l'indemnité journalière correspondra à 1/730ème de votre revenu de référence, plafonnée à 197,51 €/jour au maximum. Enfin, en classe C, l'indemnité versée est forfaitaire d'un montant de 197,51 €/jour. Dans tous les cas, la perte de revenu est conséquente et mérite d'être comblée.


 L'invalidité totale : couverte partiellement par la CARMF et sous conditions. Pour une invalidité totale (sans possibilité d'exercice), le montant versé est particulièrement restreint en comparaison du revenu de référence.


L'invalidité partielle : non couverte par la CARMF, quelles que soient les circonstances. Un chirurgien qui ne peut plus opérer mais peut encore consulter ne reçoit rien. C'est pourtant le scénario d'invalidité le plus courant dans une carrière médicale.


La perte de revenus au-delà du plafond CARMF : la Classe C plafonne à 197,51 €/jour, soit 5 925 €/mois. Si votre revenu est de 10 000 €/mois, la couverture s'arrête à 59%. Le reste est à votre charge.


La dégressivité après 62 ans : les indemnités sont réduites de 25% dès la 2ème année, puis de 50% en 3ème année pour les médecins entre 62 et 69 ans. Les risques de santé ne diminuent pas avec l'âge, la couverture, si.


Le capital décès face aux engagements réels : 71 500 € est un socle. Un médecin avec une rémunération importante, un emprunt immobilier en cours, une clientèle à valoriser et une famille à charge a besoin d'une couverture significativement plus élevée.


Les frais professionnels : en cas d'arrêt de travail, votre revenu est partiellement maintenu par la CARMF, mais vos frais fixes incompressibles (loyer, honoraires comptables, charges courantes, primes d'assurance, logiciels, etc.) restent à votre charge. Il est donc vivement conseillé de souscrire une garantie spécifique pour les couvrir.



Quelle prévoyance complémentaire

pour un médecin libéral ?


La prévoyance complémentaire d'un médecin libéral doit répondre à des questions précises. Voici les points que nous analysons systématiquement.


  1. Le délai de franchise


Puisque la CARMF n'intervient qu'à partir du 91ème jour et que l'indemnisation de la CPAM les 90 premiers jours est plafonnée, il est important de choisir une franchise courte afin d'assurer votre revenu le plus tôt possible et en totalité. Les meilleurs contrats proposent des franchises 15-0-3 (Maladie - Accident - Hospitalisation),

voire 7-0-3.


  1. La couverture de l'invalidité professionnelle


C'est le point central. L'invalidité doit être couverte selon votre spécialité et votre profession, pas selon un barème générique d'invalidité fonctionnelle, ou bien un barème croisé. Un bon contrat prévoit que si vous ne pouvez plus exercer votre activité spécifique, vous êtes considéré en invalidité professionnelle totale (même si vous pouvez encore faire autre chose). La différence peut représenter des dizaines de milliers d'euros sur une période d'invalidité.


  1. La couverture de l'invalidité partielle


La CARMF ne couvre que l'invalidité totale et définitive tout en plafonnant le montant de l'indemnité. Nous recommandons de couvrir l'invalidité partielle. Un bon contrat de prévoyance peut vous couvrir à partir de 15% voire 10% de taux d'invalidité consolidé.

  1. La prise en charge des pathologies non objectives


Lorsque nous recommandons une prévoyance complémentaire à nos clients, nous portons une attention particulière à la couverture des affections disco-vertébrales et psychiques, ainsi qu'à la grossesse pathologique. Il est primordial que ces risques soient garantis sans condition d'hospitalisation, ni limitations restrictives. Or, de nombreux contrats du marché imposent encore des clauses drastiques qui bloquent toute indemnisation pour ces pathologies pourtant fréquentes.



Forfaitaire pur, forfaitaire sous déduction du régime obligatoire, indemnitaire : trois contrats, trois philosophies d'indemnisation, trois conséquences très différentes en cas d'arrêt de travail. Beaucoup de médecins libéraux signent sans comprendre la distinction, et le découvrent parfois le jour où ils en ont besoin. Le bon choix dépend moins de votre niveau de revenu que de sa stabilité. Nous vous accompagnons pour choisir le bon contrat.


  1. Le cadre fiscal Madelin


En tant que médecin libéral, vos cotisations de prévoyance souscrites dans le cadre d'un contrat Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable, dans certaines limites liées au PASS. C'est un levier fiscal significatif qui réduit sensiblement le coût réel de votre protection. Nous calculons systématiquement l'enveloppe Madelin disponible selon vos revenus.


Ce que nous faisons chez Alaris : nous comparons les contrats sur la base de votre situation réelle : vos revenus des 3 dernières années, votre âge, votre spécialité, vos engagements financiers, l'intervention de la CARMF etc. La différence entre un contrat adapté et un contrat mal calibré peut se chiffrer en dizaines de milliers d'euros en cas de sinistre.


Les compagnies que nous recommandons aux médecins libéraux


Chez Alaris, nous collaborons avec plus de 60 partenaires assureurs. Plutôt que de privilégier une compagnie unique, nous analysons chaque contrat selon votre spécialité, vos antécédents médicaux et vos objectifs de protection. Le meilleur contrat est celui qui s'adapte à votre réalité, et non l'inverse.


Toutefois, notre expertise du marché nous permet de dégager une sélection de référence pour les médecins libéraux. Voici les compagnies que nous recommandons le plus souvent en 2026 pour leur fiabilité et la qualité de leurs garanties :





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