Chaque associé assure l'autre
Chaque associé souscrit un contrat sur la tête de son coassocié et en est le bénéficiaire. La loi permet aussi une assurance réciproque, par un seul et même acte.
Code des assurances, art. L. 132-1Chaque associé s'assure sur la tête de l'autre. Au décès de l'un, le survivant reçoit un capital et rachète les parts aux héritiers. Le contrat donne l'argent ; les statuts, ou une promesse de cession, organisent le rachat.
Quatre règles du code des assurances et du code civil. Chacune est citée avec son texte.
Chaque associé souscrit un contrat sur la tête de son coassocié et en est le bénéficiaire. La loi permet aussi une assurance réciproque, par un seul et même acte.
Code des assurances, art. L. 132-1L'associé assuré donne son accord par écrit, avec le capital garanti. Sans cet accord, le contrat est nul. Son accord écrit est aussi requis pour transférer le bénéfice du contrat.
Code des assurances, art. L. 132-2Le capital payé au décès à un bénéficiaire déterminé ne fait pas partie de la succession de l'associé décédé.
Code des assurances, art. L. 132-12Le capital permet au survivant de racheter les parts aux héritiers. Le rachat s'organise à l'avance, dans les statuts ou dans une promesse de cession.
Code civil, art. 1124Le contrat donne l'argent. Les statuts, ou une promesse de cession, disent qui rachète et à quelle valeur. Ils se rédigent avec votre avocat ou votre notaire.
Les statuts peuvent prévoir qu'au décès d'un associé la société continue avec les seuls survivants, ou soumettre l'héritier à agrément. L'héritier a alors droit à la valeur des parts, fixée au jour du décès.
Code de commerce, art. L. 223-13Même faculté : agrément des héritiers, ou continuation avec les seuls associés survivants.
Code civil, art. 1870La loi permet de soumettre toute cession d'actions à agrément. Elle ne dit rien de la transmission par décès : le rachat se prévoit dans les statuts ou un pacte, rédigés par un juriste.
Code de commerce, art. L. 227-14La promesse de cession. Par une promesse unilatérale, le promettant accorde au bénéficiaire le droit d'acheter à des conditions déjà fixées. S'il la révoque pendant le délai laissé pour décider, la vente se forme quand même. Code civil, art. 1124
0,1 % ou 3 % de droits sur le rachat, selon la forme de la société. Le reste dépend de qui paie les primes et se vérifie dossier par dossier.
| Question | Ce que disent les textes |
|---|---|
| Droits sur le rachat | 0,1 % pour des actions de SA ou de SAS. 3 % pour des parts de SARL ou de société civile, après un abattement par part égal à 23 000 € divisés par le nombre total de parts. 5 % pour une société à prépondérance immobilière. Sur le prix, ou sur la valeur réelle si elle est plus élevée. CGI, art. 726 |
| Primes payées par la société | Une société de personnes qui assure un associé au profit des survivants : les primes sont des dépenses personnelles, non déductibles. Une société à l'impôt sur les sociétés qui paie des primes au profit de ses dirigeants : elles sont traitées comme un élément de leur rémunération. BOI-BIC-CHG-40-20-20-20130408 |
| Capital reçu par le survivant | Un point à étudier avec l'avocat fiscaliste de notre réseau, avant la souscription. Les articles 757 B et 990 I, qui taxent les capitaux décès, visent un bénéficiaire qui les reçoit sans contrepartie ; ici, le survivant a lui-même payé les primes. CGI, art. 757 B CGI, art. 990 I |
Deux associés à parts égales. Les titres de la société valent 600 000 €, une hypothèse à établir avec votre expert-comptable. Chacun s'assure sur la tête de l'autre pour 300 000 €, la valeur de sa moitié.
| SARL de 1 000 parts | SAS | |
|---|---|---|
| Capital reçu par le survivant | SARL : 300 000 € | SAS : 300 000 € |
| Prix du rachat aux héritiers | SARL : 300 000 € | SAS : 300 000 € |
| Abattement | SARL : 23 000 € divisés par 1 000 parts, soit 23 € par part : 11 500 € pour 500 parts | SAS : aucun |
| Base taxée | SARL : 288 500 € | SAS : 300 000 € |
| Droits d'enregistrement | SARL : 8 655 €, à 3 % | SAS : 300 €, à 0,1 % |
Les droits portent sur le prix, ou sur la valeur réelle des titres si elle est plus élevée ; une société à prépondérance immobilière est taxée à 5 %. Le régime du capital reçu par le survivant se vérifie avant la souscription avec l'avocat fiscaliste de notre réseau. CGI, art. 726
Le capital suit la valeur des parts. Si la société se développe, la valeur des parts monte et le capital assuré ne suffit plus à racheter. Nous revoyons le montant avec vous quand la valeur change, à partir des comptes de la société.
Les deux contrats partent du même risque, la disparition d'un dirigeant. Ils ne protègent pas la même personne.
Assurance homme clé selon la doctrine fiscale ; garantie croisée selon le code des assurances et les statuts. BOI-BIC-CHG-40-20-20-20130408 Code des assurances, art. L. 132-1 La page Assurance homme clé
Le capital, les statuts et la définition de l'invalidité se fixent ensemble. Nous travaillons avec votre avocat, votre notaire et votre expert-comptable.
La définition de l'invalidité compte autant que le capital. Deux associés chirurgiens-dentistes s'étaient assurés l'un l'autre pour financer le rachat des parts. Après l'invalidité de l'un, l'assureur a refusé de payer : seule l'invalidité « absolue et définitive » était couverte. La Cour de cassation a annulé la décision d'appel, qui n'avait pas recherché si les associés connaissaient les conditions générales. Cour de cassation, 2e chambre civile, 25 février 2010, n° 09-65.409
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Les réponses courtes ; le détail est plus haut dans la page, chaque règle avec son texte.
La valeur des parts que le survivant devra racheter, estimée avec votre expert-comptable, et revue quand elle change. Le capital ne fixe pas le prix : ce sont les statuts, la promesse de cession ou, à défaut, la loi qui fixent la valeur du rachat.
Pas forcément. Chaque associé peut souscrire un contrat sur la tête de l'autre, ou plusieurs associés peuvent s'assurer l'un l'autre par un seul et même acte, comme le permet le code des assurances.
Non. Le capital payable au décès à un bénéficiaire déterminé ne fait pas partie de la succession de l'assuré.
Cela dépend de ce qui a été écrit avant. Dans une SARL, les statuts peuvent prévoir que la société continue avec les seuls associés survivants, ou soumettre l'héritier à agrément ; l'héritier a alors droit à la valeur des parts. Dans une SAS, le rachat se prévoit dans les statuts ou un pacte. Ces clauses se rédigent avec votre avocat ou votre notaire.
C'est à décider avec vos associés. Si vous la couvrez, la définition retenue compte autant que le capital. Une invalidité « absolue et définitive » ne couvre pas toujours l'impossibilité d'exercer votre métier : nous lisons cette définition avec vous avant de signer.
0,1 % pour des actions de SA ou de SAS. 3 % pour des parts de SARL ou de société civile, après un abattement de 23 000 € divisés par le nombre total de parts. 5 % pour une société à prépondérance immobilière.
Les textes que nous avons lus ne tranchent pas ce cas, où le survivant a lui-même payé les primes. Nous l'étudions avant la souscription avec l'avocat fiscaliste de notre réseau, dossier par dossier.
Textes lus le 29 septembre 2026, versions en vigueur. Cette page est une information à caractère général : le conseil se donne en rendez-vous, sur votre situation.